La nuit, dans le silence des chambres, les émotions se frôlent, se répondent, se confondent parfois.

Ce qu’on croit être du soin n’est pas toujours un geste donné — c’est aussi quelque chose qui nous traverse.

Le chagrin du résident devient le nôtre.

Sa peur, sa fatigue, sa nostalgie nous habitent un instant.

Et parfois, c’est nous qui déposons un peu de notre lassitude dans ce silence partagé.

On parle souvent du soin comme d’un acte.

Mais c’est aussi une cohabitation.

Deux êtres qui partagent un même espace, un même moment, un même trop-plein.

Le soin n’est pas un don unilatéral.

C’est une circulation.

Un échange silencieux, parfois épuisant, souvent bouleversant.

Et si, finalement, prendre soin, c’était accepter d’être traversé soi aussi ?

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