💭 Quand la mémoire s’efface, quelqu’un reste pour la porter.

Le soignant devient témoin des dernières traces d’une vie.

De ce que le résident ne dit plus, ne se souvient plus, mais qui continue d’exister dans ses gestes, son regard, sa manière d’être là.

On apprend à reconnaître les habitudes avant les mots :

ce parfum qu’elle mettait toujours,

ce pull qu’il veut enfiler même en été,

cette chanson qui lui arrache encore un sourire sans qu’il sache pourquoi.

Peu à peu, on porte des fragments d’histoire qui ne nous appartiennent pas.

Des souvenirs confiés sans paroles, transmis sans intention.

Et dans ce rôle discret, invisible, il y a une immense responsabilité :

celle de maintenir vivante une part de leur humanité.

Soigner, ce n’est pas seulement accompagner le corps.

C’est aussi garder la mémoire de ceux qui oublient la leur.

Parce qu’au fond, nous sommes parfois les derniers à nous souvenir de ce qu’ils ont été

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