La nuit, l’angoisse ne vient pas toujours d’un cauchemar.

Elle naît parfois d’une conscience trop claire : le temps qui passe.

Certains résidents refusent de dormir.

Pas par insomnie, mais parce que dormir, c’est céder.

C’est laisser filer quelques heures de plus.

C’est accepter que demain arrive.

👉 Derrière un refus de se coucher, il y a parfois un refus d’avancer vers ce demain qui effraie.

Alors on reste debout. On parle. On demande l’heure dix fois. On surveille l’horloge comme pour la retenir.

Résister au sommeil devient une manière de résister au temps.

Et nous, soignants de nuit, on apprend à accompagner cette résistance.

Pas à la combattre.

Mais à la rendre moins lourde.

Parce que dans ces moments-là, veiller, c’est aussi partager le vertige du temps qui s’écoule.

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