La nuit, cette phrase revient souvent en EHPAD :
– “Je dois prendre le bus.”
– “Mes parents m’attendent.”
– “Je veux rentrer chez moi.”
À première vue, c’est de la confusion.
Mais en réalité, c’est un langage du manque.

👉 Derrière ces mots, il y a un besoin universel : se sentir en sécurité, appartenir à un lieu qui nous ressemble.
“Chez soi”, ce n’est pas seulement une adresse.
C’est une odeur, une voix, une chaise qu’on connaît par cœur.
C’est le sentiment d’être à la bonne place.
La nuit, quand tout est plus flou, ce manque de repères devient insupportable.
Alors, l’angoisse se traduit par cette envie de partir, de retrouver un espace où l’on se sent enfin soi-même.
Apaiser ces moments, ce n’est pas convaincre : “Mais si, vous êtes chez vous.”
C’est reconnaître la détresse.
C’est offrir une présence, une écoute, une chaleur humaine qui, un instant, recrée ce sentiment de maison.
Parce qu’au fond, notre rôle n’est pas de ramener les résidents chez eux.
C’est de faire en sorte qu’ils se sentent un peu moins perdus, là où ils sont.

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