Cette nuit, une dame déambulait dans les couloirs.

Calme, dĂ©terminĂ©e, elle mâa dit :
âJe veux voir ma sĆur⊠ça fait 20 ans que je ne lâai pas vue.â
Je ne sais pas oĂč est sa sĆur. Peut-ĂȘtre vit-elle encore, peut-ĂȘtre pas.
Mais dans son cĆur, ce lien est intact.
Sa mĂ©moire a effacĂ© tant de repĂšres : les dates, les lieux, parfois mĂȘme les visages.
Mais pas lâĂ©motion. Pas lâamour.
Câest ça, la vieillesse quand lâoubli sâinstalle :
des pans de vie disparaissent, mais il reste des traces.
Les traces du cĆur.
Celles quâaucune maladie nâefface, celles qui sâaccrochent aux gestes, aux regards, Ă une chanson qui rĂ©veille une lumiĂšre dans les yeux.
Alors, que faire quand la réalité ne peut répondre à ces élans ?
On Ă©coute. On accompagne. On devient la prĂ©sence qui apaise, mĂȘme quand on ne peut ĂȘtre la sĆur quâelle attend.
Parce que mĂȘme quand la mĂ©moire sâĂ©teint, le cĆur, lui, se souvient.
đ Et vous, comment accueillez-vous ces Ă©clats dâhumanitĂ© dans vos pratiques ?

Laisser un commentaire