La vieillesse efface parfois des pans entiers de vie.

Les souvenirs sâĂ©parpillent, les noms se dĂ©robent, les repĂšres disparaissent.
Et nous, soignants, nous assistons Ă ce lent effacement, souvent avec une impuissance douloureuse.
Mais lâoubli ne fait pas table rase.
Il laisse des bribes, des éclats, des émotions intactes.
Un sourire jaillit Ă lâĂ©coute dâune chanson, une main se tend instinctivement vers celle quâon aime, un regard reconnaĂźt sans pouvoir nommer.
Ces moments sont comme des lucioles dans la nuit de lâoubli.
Ils nous rappellent que la mĂ©moire nâest pas seulement faite de mots, mais aussi de sensations et dâĂ©motions profondĂ©ment inscrites.
đ Travailler auprĂšs de personnes qui oublient, câest apprendre Ă voir autrement :
à écouter les silences, à accueillir les gestes, à se réjouir de chaque éclat de lumiÚre qui surgit.
Parce que mĂȘme quand la mĂ©moire sâĂ©teint, la prĂ©sence reste.
Et câest souvent lĂ que naĂźt la plus belle humanitĂ©

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