Je travaille en EHPAD, Ă  30 minutes Ă  peine du “mĂ©ga feu” de l’Aude.

Ici, la chaleur est écrasante.

Et les personnes ùgées, elles, ressentent tout.

La tension. L’inquiĂ©tude. La colĂšre aussi, parfois.

Elles savent.

Elles se souviennent.

Et elles observent, avec une luciditĂ© troublante, l’inconscience de certains.

En juillet, un homme est passé avec un brasero encore chaud, traßné derriÚre sa voiture.

Il n’était pas Ă©teint.

Il a mis le feu.

Et pendant ce temps, dans mon service, une résidente me dit :

« Ils sont fous
 Ils veulent tous nous faire cramer ou quoi ? »

Ces mots m’ont glacĂ©e.

Parce qu’ils sont justes.

Parce qu’ils disent la peur, l’absurde, l’impuissance.

Ces gestes, ces négligences, ce sont bien plus que des imprudences :

🧓 Ce sont des sources d’angoisse pour les personnes ĂągĂ©es.

🌿 Ce sont des menaces concrĂštes pour leur sĂ©curitĂ©.

đŸ”„ Ce sont des dĂ©clencheurs possibles de drames.

Nous, soignants, on fait notre part : on hydrate, on rafraĂźchit, on rassure.

Mais face Ă  l’inconscience, on se sent parfois dĂ©munis.

Et eux, les anciens, regardent ce monde qui s’enflamme avec une tristesse silencieuse
 et une luciditĂ© qui serre le cƓur.

Je ne suis pas là pour éteindre les feux du dehors.

Mais j’essaie, chaque nuit, chaque jour, d’apaiser ceux qui brĂ»lent Ă  l’intĂ©rieur :

la peur, l’angoisse, les souvenirs qui remontent avec la chaleur.

Je crois encore qu’un peu d’attention peut Ă©viter bien des incendies.

Qu’une conscience Ă©veillĂ©e vaut bien des alarmes.

Et que parfois, il suffit d’un regard, d’un mot, d’un geste


pour que la vie l’emporte sur les cendres.

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