Un rĂ©sident mâa dit âje tâaime.â

Juste comme ça. Dans le calme dâun soir. Et moi, je suis restĂ©e lĂ , un peu dĂ©contenancĂ©e.
Ma collĂšgue a souri, un brin moqueuse :
âVas-y, il tâattend.â
Et comme si ça ne suffisait pas, il a ajouté :
âTu peux me rĂ©veiller cette nuit, si tu veux.â
LĂ , jâai dĂ» poser les limites :
âAh non, il nâen est pas question.â
Dans notre métier, ces situations ne sont pas si rares.
On donne de la prĂ©sence, de lâĂ©coute, de la tendresse professionnelle.
Mais parfois, ce lien déborde.
Et pour certains rĂ©sidents, ces mots sont la seule façon dâexprimer un manque, un attachement, une reconnaissance⊠ou simplement un besoin dâexister dans le regard de lâautre.
Mais pour nous, ces déclarations sont délicates à recevoir.
Pas parce quâon ne les comprend pas. Mais parce quâon ne peut pas y rĂ©pondre.
On nâest ni une amie, ni une confidente, ni une amoureuse.
On est soignante. Présente, bienveillante, mais avec cette juste distance qui protÚge tout le monde.
Ce âje tâaimeâ, il dit bien plus que ce quâil semble.
Et il laisse une trace, malgré tout.
𫱠Et vous, comment réagissez-vous quand le lien devient trop flou ?

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