Un rĂ©sident m’a dit “je t’aime.”

Juste comme ça. Dans le calme d’un soir. Et moi, je suis restĂ©e lĂ , un peu dĂ©contenancĂ©e.

Ma collĂšgue a souri, un brin moqueuse :

“Vas-y, il t’attend.”

Et comme si ça ne suffisait pas, il a ajouté :

“Tu peux me rĂ©veiller cette nuit, si tu veux.”

LĂ , j’ai dĂ» poser les limites :

“Ah non, il n’en est pas question.”

Dans notre métier, ces situations ne sont pas si rares.

On donne de la prĂ©sence, de l’écoute, de la tendresse professionnelle.

Mais parfois, ce lien déborde.

Et pour certains rĂ©sidents, ces mots sont la seule façon d’exprimer un manque, un attachement, une reconnaissance
 ou simplement un besoin d’exister dans le regard de l’autre.

Mais pour nous, ces déclarations sont délicates à recevoir.

Pas parce qu’on ne les comprend pas. Mais parce qu’on ne peut pas y rĂ©pondre.

On n’est ni une amie, ni une confidente, ni une amoureuse.

On est soignante. Présente, bienveillante, mais avec cette juste distance qui protÚge tout le monde.

Ce “je t’aime”, il dit bien plus que ce qu’il semble.

Et il laisse une trace, malgré tout.

đŸ«± Et vous, comment rĂ©agissez-vous quand le lien devient trop flou ?

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