Tout le monde se bat. Mais pas avec les mêmes armes, ni dans les mêmes silences.

Certains sourient, d’autres se taisent. Certains crient, d’autres s’effondrent en silence dans une salle de pause ou un couloir désert.
Et parfois, dans la pénombre d’une chambre, on devine ces combats invisibles.
Je me souviens d’un résident, insomniaque, qui m’attendait souvent à la porte de sa chambre. Cette nuit-là, il m’a dit :
« Vous aussi, vous êtes fatiguée… mais vous tenez bon. On est pareils, hein ? »
Et dans ce regard-là, j’ai senti quelque chose de rare : une reconnaissance sans mots, un lien qui ne demandait ni justification, ni apparence.
On se juge vite entre collègues, entre familles, entre soignants et soignés. Mais qui connaît vraiment le combat de l’autre ?
Les couches d’invisible, les nuits sans sommeil, les douleurs qu’on cache, les gestes qu’on fait malgré tout…
Alors avant de juger, de penser qu’on sait…
Rappelons-nous que chacun porte quelque chose que les autres ne voient pas.
Et que parfois, une seule parole vraie peut faire tomber bien des armures.

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