La direction nous parle sans cesse d’humanité dans les soins. Mais quand on regarde de plus près, l’écart entre les discours et la réalité est abyssal. On nous demande de traiter les résidents avec dignité, de prendre le temps de les écouter, de leur offrir une attention sincère. Mais dans le même souffle, on nous impose des quotas, des contraintes de temps, des journées surchargées et des conditions de travail qui laissent peu de place à cette « humanité » tant vantée.

Combien de fois ai-je entendu que « l’humain » doit primer, alors que dans la pratique, on nous prive du temps nécessaire pour créer ces moments de réelle proximité avec les personnes que nous soignons ? La réalité, c’est que l’humanité dans les soins est souvent réduite à une belle valeur sur papier, mais ne se concrétise pas sur le terrain.
Et puis, il y a ces nuits. Ces nuits où, dans le silence, on pourrait offrir quelque chose de plus : un regard, un sourire, une écoute. Mais comment être pleinement là pour nos résidents quand on est constamment poussé à faire toujours plus, toujours plus vite, avec toujours moins de moyens ?
On nous parle d’humanité, mais c’est nous, les soignants, qui sommes réduits à des exécutants. Au lieu de prendre soin des gens, on court après les heures, après les chiffres, après les tâches à accomplir. Et quand l’humanité est reléguée au second plan, c’est tout le système de soins qui perd sa raison d’être.
Alors oui, l’humanité dans les soins est essentielle. Mais elle ne peut pas se limiter à de beaux discours. Elle doit se traduire par des actes concrets : du temps pour écouter, des équipes en nombre suffisant pour accompagner dignement, des conditions de travail qui nous permettent de donner le meilleur de nous-mêmes.
L’humanité ne se « gère » pas. Elle se vit. Chaque jour. Sur le terrain.
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