Jacques Brel ne parle pas de la vieillesse. Il la chante. Il la regarde droit dans les yeux, sans fard, sans détour.

Dans cet extrait bouleversant, il nous tend un miroir. Celui dâune fin de vie quâon prĂ©fĂšre souvent ignorer, parce quâelle dĂ©range, parce quâelle fait peur.
âDu lit Ă la fenĂȘtre, puis du lit au fauteuil, et puis du lit au litâŠâ
Combien de fois avons-nous vu ce trajet, en boucle, se répéter dans le silence ?
Pas parce quâil nây a plus rien Ă dire. Mais parce que, parfois, plus personne nâĂ©coute.
Dans ce texte, il y a la lente érosion du lien au monde. Le muscat du dimanche qui ne fait plus chanter. Le chat qui ne saute plus sur les genoux.
La vie qui continue autour, pendant que certains attendent en silence que le temps passe⊠ou sâarrĂȘte.
Et pourtant.
DerriĂšre chaque regard figĂ©, chaque main posĂ©e sur lâaccoudoir, il y a une vie entiĂšre. Des Ă©clats de rire, des larmes, des choix, des batailles, des âje tâaimeâ murmurĂ©s ou criĂ©s.
Il y a quelquâun.
Nous, soignants, nous sommes lĂ , dans ces instants suspendus, Ă mi-chemin entre la routine et lâĂ©ternitĂ©.
Nous voyons ce que dâautres oublient : que mĂȘme dans le silence, la dignitĂ© demande Ă ĂȘtre honorĂ©e.
đŹ Ce texte me bouleverse.
Il dit ce que beaucoup taisent.
Et il me rappelle pourquoi, chaque nuit, je veille.
đ Et vous, que ressentez-vous en lisant ces lignes ?
Vous ĂȘtes-vous dĂ©jĂ arrĂȘtĂ© pour regarder la vieillesse autrement que comme une fin ?

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