Épisode 2 : La main qui te parle (et te retient
 longtemps)

Il est 3h42. T’as encore deux changes à faire, un bassin à vider, et ta pause pipi est en attente depuis
 22h18.

Tu entres dans la chambre du 124. Il est réveillé. Encore.

Tu t’approches doucement.

— Vous avez mal, Monsieur ?

Il secoue la tĂȘte. Puis tend la main.

Tu la prends. Par rĂ©flexe. Parce que c’est ton job. Parce que tu veux bien faire.

Et là, ça commence.

— Vous savez, moi, j’ai Ă©tĂ© prisonnier de guerre. J’ai vu des choses
 Des choses que vous, les jeunes, vous pouvez pas comprendre.

Tu veux ĂȘtre prĂ©sente, tu veux Ă©couter. Mais dans ta tĂȘte, une petite voix hurle :

“POURQUOI MAINTENANT ?”

Tu hoches la tĂȘte. Tu dis “Oui, je comprends”, mĂȘme si t’es plus concentrĂ©e sur ton envie de faire pipi que sur la guerre de 39-45.

Et puis il enchaüne. Les souvenirs, les regrets, les blessures d’ñme.

Il a besoin de parler.

Et toi, t’as besoin
 d’une pause.

L’empathie, c’est ça aussi : savoir rester humain
 mais pas oublier que tu n’es pas un confident illimitĂ© Ă  dĂ©bit libre.

Moralité : toujours prendre la main avec bienveillance.

Mais avec une montre Ă  portĂ©e de regard. Et une stratĂ©gie d’échappatoire bien rĂŽdĂ©e.

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