Le métier de soignant en EHPAD, particulièrement de nuit, demande une attention constante, une énergie infinie et un engagement à toute épreuve. Mais quand on est aussi une maman solo, on porte une charge mentale supplémentaire, qui se cumule aux responsabilités professionnelles et familiales.

1. Le poids du soin, de jour comme de nuit

De nuit comme de jour, il faut être constamment en alerte. En tant que soignant, je surveille l’état des résidents, j’anticipe les situations à risque, je réponds aux appels, tout en jonglant avec les exigences administratives et les attentes des familles. Cette vigilance constante s’ajoute à une pression émotionnelle forte, et le plus difficile, c’est quand il est temps de rentrer chez soi… la fatigue ne s’éloigne pas, elle reste.

2. Quand le travail ne s’arrête pas à la porte de l’EHPAD

Mais mon rôle de soignante ne se termine pas lorsque je quitte l’EHPAD. En tant que maman solo, je dois gérer une autre réalité, tout aussi exigeante. Après une nuit de travail, il faut emmener ma fille au camp, même si je n’ai pas dormi. Et ensuite, c’est l’enchaînement des rendez-vous : psychologue, psychomotricité, orthophoniste, kinésithérapie… tout cela après les cours, sans pause. Chaque rendez-vous est une course contre la montre, un défi à la logistique. Et dans tout ça, il y a cette constante pression pour être à l’heure et suivre le rythme.

3. Les répercussions invisibles mais bien réelles

Cette double charge mentale a des répercussions invisibles mais bien réelles. Le stress accumulé, la fatigue qui ne disparaît jamais complètement, l’impression de toujours être à deux endroits à la fois. Parfois, je me sens tiraillée, entre mon engagement en tant que soignante et mes responsabilités de maman. La culpabilité s’installe, mais je dois me rappeler qu’il est aussi important de prendre soin de moi, même si cela signifie ralentir ou déléguer.

4. Comment alléger cette charge ?

J’ai décidé de lâcher un peu de lest au niveau du travail scolaire de ma fille. Résumer les cours, faire des cartes mentales, mais la laisser apprendre seule. Cela allège la pression, même si ce n’est pas facile. De plus, j’accepte qu’elle ne fasse pas bien ses devoirs lorsqu’elle est chez son père. Cela me permet de prendre du recul et de faire des choses uniquement pour moi, sans me laisser submerger.

On oublie souvent que derrière le soignant, il y a aussi une personne qui jongle avec des responsabilités personnelles lourdes. La charge mentale devient un véritable défi au quotidien. Mais parfois, prendre du recul et se donner la permission de ne pas tout faire, c’est la clé pour continuer à avancer.

À tous ceux qui vivent cette double charge, sachez que vous n’êtes pas seuls. N’oublions pas de prendre soin de nous pour pouvoir prendre soin des autres.

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