
Travailler de nuit, dans le calme et la lenteur, permet de prendre vraiment le temps avec les résidents. C’est dans ces moments-là qu’on peut véritablement écouter, être là pour eux, sans la pression de la journée.
Mais pour durer, il faut aussi savoir se protéger. Apprendre à poser des limites, à prendre du recul. Ne pas tout emporter chez soi, ne pas se laisser submerger par les émotions. Cela ne veut pas dire devenir insensible, bien au contraire. C’est trouver l’équilibre entre engagement et préservation, entre empathie et distance nécessaire.
Quelques clés pour tenir sur la durée
🔹 Apprendre à dire non
C’est sans doute ce qui me paraît le plus difficile. Dire non, c’est risquer de décevoir, de ne pas être à la hauteur des attentes des autres… Mais c’est aussi une nécessité pour ne pas s’épuiser. Accepter de ne pas pouvoir tout faire, de ne pas toujours répondre à toutes les sollicitations, c’est un apprentissage, un travail sur soi. Et pourtant, c’est indispensable pour préserver son énergie et pouvoir continuer à bien faire son métier.
🔹 Mettre des limites émotionnelles
Créer une frontière entre le travail et la vie personnelle est essentiel. Se rappeler qu’on fait de son mieux mais qu’on ne peut pas tout résoudre aide à éviter l’épuisement.
🔹 Développer des rituels de décompression
Prendre un moment pour souffler après le travail : une marche, une musique apaisante, quelques minutes de respiration. Ces petits rituels permettent de ne pas ramener trop de poids chez soi.
🔹 Partager avec ses collègues
Il y a des situations qui nous marquent plus que d’autres. Un matin, en allant travailler, je suis passée devant un canal. Il y avait des secours et, en m’approchant, j’ai reconnu la personne qui venait de mettre fin à ses jours. C’était une dame dont je m’étais occupée. J’ai continué mon chemin jusqu’au travail, bouleversée. En arrivant, j’ai pu en parler avec mes collègues. Le simple fait de mettre des mots sur ce que j’avais vu, de sentir cette écoute bienveillante, a été un immense soulagement. Se soutenir entre soignants, c’est aussi ça, tenir sur la durée.
🔹 Se recentrer sur le positif
Parfois, ce sont les résidents eux-mêmes qui nous rappellent pourquoi on est là. Il y a ce monsieur, par exemple, qui prend toujours le temps de me demander comment je vais, si ma journée s’est bien passée, et qui me raconte une petite anecdote amusante. Un simple échange, mais qui allège le cœur et illumine la nuit. Se focaliser sur ces moments-là, ces petits trésors du quotidien, c’est ce qui permet de continuer avec le sourire.
Et vous, quels sont vos propres astuces pour prendre soin de vous tout en continuant à donner le meilleur aux autres ? 💙

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