Travailler de nuit, dans le calme et la lenteur, permet de prendre vraiment le temps avec les résidents. C’est dans ces moments-là qu’on peut véritablement écouter, être là pour eux, sans la pression de la journée.

Si le quotidien des soignants en EHPAD est fait de contraintes, d’urgences et parfois de situations difficiles, il est aussi ponctué d’instants qui illuminent tout le reste. Un sourire sincère, un « merci » soufflé du bout des lèvres, une main qui serre la vôtre un peu plus fort au moment de dire bonne nuit. Autant de petits riens qui sont en réalité des touts.

Parfois, c’est une phrase touchante qui s’immisce dans une conversation, une confidence murmurée entre deux soins. D’autres fois, c’est un fou rire inopportun qui éclate lors d’un moment de complicité avec un résident. Des éclats de vie qui rappellent pourquoi on est là, pourquoi on continue, même quand c’est dur.

La nuit dernière, un monsieur sonne. Je lui demande ce qu’il veut et il me dit qu’il est content de me voir, me demande comment je vais. Puis, tout d’un coup, il passe du « vous » au « tu ». Je continue à lui dire « vous ». On plaisante, il me dit de ne rien dire à mon mari. Je lui réponds que c’est notre secret.

C’est ce monsieur qui, lorsqu’il est réveillé, me tient la main tout le temps que l’on parle. C’est cette dame qui me dit merci et que maintenant je dois aller dormir.

Ce sont ces étincelles, ces petits riens, qui nourrissent le cœur du soignant. Elles réparent les jours plus lourds, elles donnent la force de revenir le lendemain. Elles sont la preuve que le soin ne se résume pas à des gestes techniques, mais qu’il est avant tout un échange humain, profond et sincère.

Ces instants ne se prévoient pas, ne s’expliquent pas toujours, mais ils se vivent pleinement. Et c’est précisément eux qui font toute la richesse du métier.

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